Le podcast video de la conférence

Voici, par chapitre et dans l'ordre du déroulé, l'enregistrement complet.

Plaquette DIWAN

Voici la plaquette de notre maison d’hébergement collectif présentant l’initiative et nos convictions

Les visuels de la pré-conférence


Affiche au format A4

Voici l’affiche de la conférence, que vous êtes invité.e à diffuser

Affiche au format A3

Voici l’affiche de la conférence, que vous êtes invité.e à diffuser

C’était une bière jaune

C’était une bière jaune,

consommée près du canal, ceux qui l’avaient brassée

l’avaient appelée la « 100 pap » , référence à « Sans papier ». Elle  se servait aussi dans les bars louches où on ne commençait pas  à danser avant 22h00. L’heure où les bourgeois rentrent les enfants, bobonnes , les vasques de fleurs,   et n’osent même plus sortir  les poubelles.  

C’est l’heure où ils astiquent leurs palais, où ils cirent leurs souliers, où les barmans font briller leurs pompes, ou les va nu pieds sortent.   

C’est une bière jaune qui  fait saliver les désirs, qui  émoustille les envies, fait mousser les esprits,  titille les papilles du palais, astiquote  les rêves de chahut,  quand les bourgeois se la coulent cool, se la roucoulent poule.   

C’est une salle sans néon, ceux qui dansent là, ont coupé les ponts avec l’obéissance, ils ont jeté le gant d’une société d’obédience, la lumière noire est sinistre mais on s’y sent à l’aise, sauf si  « t’aurais une gentille sale mignonne petite gueule de sinistre ministre. » 

C’est une piste de danse, de décadence disent d’autre. 

Si  l’écriteau « entrée gratuite pour les pauvres »  est qualifié de  désobéissance   alors je suis hors cadre , électron libre, bombe à électron libre.   

C’est une bière jaune, qui fait couler de l’encre quand ses colporteurs ont fait couler des graphs  sur les murs . Ce ne sont plus les slogans « no future » des jeunes de mai68  devenus  ancêtres, mais   ce sont les   graph  du printemps 2019 : « rendez-nous notre  futur » .

C’est une bière blonde qui fait se trémousser les blondes, les fausses brunes autant que les  bleues bouclées : il faut de tout pour faire une perruque  belle et rebelle. C’est une bière jaune  qui fait dresser les escabelles pour les tag et autres  graffitis. C’est la bière, la sans pap’ qui s’est créée au bord du canal, son bénéfice n’est pas pour des actionnaires pleins de billets , mais pour les sans papiers.      

 

Martin Dupuis mars 2019          

 C’était un bateau bleu accroché sur la mer bleue

Un bateau bleu espoir, mais noir de monde,   noir d’espoirs,  bleus d’un autre  futur, fuyards de leur passé.

Un bateau  bleu, sur la mer bleue, la Méditérannée,  affrété par de noirs pirates qui, d’argent,  sont ivres, trichant à ces gens, les   chargeant sur leur bateau pourri. Ils  les livrent ensuite   à la mer, l’amer destin. Sans gouvernail ni capitaine,  même l’étoile polaire ne leur sert pas de guide.  Eux qui voulaient vivre.  

L’Europe et son drapeau  bleu étoilé seront-t-ils  de nouveaux sherpas  pour ces peaux noires africaines ?  Mais lorsque les capitaines chers payés  quittent  les premiers, ils  ne délivrent ni mode d’emploi, ni visa ni  vivre, et c’est le bateau ivre. 

C’était un bateau bleu, bleu espoir. Ceux qui y étaient montés avaient jeté la clef de  leur  chez eux, pris la clef des champs, peut-être la clef des chants, entre les dents, pour se donner du courage, s’en fredonner, pour couvrir la rage. 

Certains connaissaient  les paroles de l’ ’islam,  les mauvais élèves, rebelles  eux, trichaient avec le slam.  

Ils étaient venus à pieds. Ils espéraient un futur, on leur avait tué  leur passé, chez eux, n’avaient  plus d’avenir : pas un rose  peut-être un jaune sable, un gris . Il ne leur restait que leur présent. Il fallait bien le tenir de peur que lui aussi ne coule. On broyait tellement du noir qu’il s’y serait bien noyé en même temps, illico  prestant  sans qu’on ne s’en aperçoive.  

Puis ce fut  enfin l’arrivée sur les côtes européennes (de l’Europe du milieu)    Là, notre  gouvernement inonde la télé  et presse les journaux de dire qu’il n’y a pas d’argent  pour eux . Et pour cause : les   grosses fortunes ont joué migration, elles aussi, migrant vers le sud  dans des îles  protégées de la montées des eaux,  protégées par des gorilles en armes et autres caïmans .

Ces nouveaux venus, en Europe  comptaient trouver du travail. Mais  chez nous, notre   gouvernement  ne leur ouvre pas  vraiment  la porte au territoire  disant qu’il n’y a pas assez de boulot.  Donc pas d’inscription au registre national. Il leur reste  que la rue  comme domicile,  que  la rue  en attendant d’être   repoussés chez le voisin :   c’est loi Dublin.

Pas de travail ? Etrange! En Allemagne, c’est l’inverse : L’Allemagne  surnage grâce à eux, et même elle  se redresse : serait-elle  « une guerre en avance » : comprendre une guerre économique. 

En Belgique,  c’est alors le peuple, qui    descend dans la rue. Souvenir de nos migrations durant les guerres ? Entre autre.. Une colocation s’installe.  Mais ils ne sont pas  colloqués sous une étiquette d’étranger. Au contraire,  ce sont  des bouées de sauvetage qui sont lancées. Le peuple s’empare de la barre. C’est lui qui est à la proue.   Il lance  des bienvenues en 36 langues.  

L’associatif  crée la fameuse plateforme citoyenne : principe : les humains migrateurs  inscrivent journellement leur demande d’hébergement d’un soir, les citoyens candidats hébergeurs inscrivent leurs offres de nuitées,

Les citoyens chauffeurs font de même, des triangles sont constitués  et  chaque soir, ce sont des dizaines de lifts  pour des   soupers citoyens, des soirées humaines, des  nuits en sécurités  qui sont répertoriés.  Le lendemain : trajet inverse.   Sur place  à cette plateforme  du parc Maximilien qui jouxte la gare du nord, il y a aussi un hub humanitaire   pour des offres  matérielles : denrées alimentaires, vêtements,  petits sacs à dos  un début, un service juridique  la logique : , soins par des infirmières le vital , un service social : le top,  création d’une école : la classe… C’est véritable Sherwood  humanitaire qui sort de terre. Le   paragouvernemental rebelle. Il presse l’état de jouer son rôle d’autant qu’elle a bonne presse la plateforme, qu’elle  déprécie l’état. C’est le père  Michel  qui  a perdu de  son éclat Il crie à la fenêtre de la tv  qui le lui rendra.  

Employer la manière forte : voilà bien la gestion  d’un pouvoir politique en manque d’originalité. Pouvoir vertical égal descente de police : c’ est sa nouvelle idée de génie.   « La  rafle, puisqu’il faut bien l’appeler par son nom, capable d’enrichir en un jour la prison, allait faire aux migrants la guerre. »(pour paraphraser   « La Peste »  de Camus)  Un jour d’automne 2017 , l’ ordre est en effet donné à la police,  pour le lendemain, d’d’investir le parc Maximilien  pour y  arrêter tout qui n’a pas ses papiers en ordre. Un  des policiers,  au courant de l’opération car il sera de faction , se sent mal par rapport à sa fonction  sociale : il   change  alors de casquette, retourne sa veste,  prend son smartphone en secret, prévient la citoyenne plateforme. Le standard  téléphonique y chauffe  car, sur une soirée, le gsm citoyen fait migrer l’information.  Le net  s’en mêle,  face book, avec une face moins patibulaire, en  moins de 6 heures, tresse un filet  de sécurité. Le fil téléphonique  met en place  un cordon sanitaire, salutaire, et de très nombreuses  personnes encerclent physiquement le parc. La rafle est boycottée. Quand la police arrive au matin,  le boat people est vide, la rafle a fait coup dans l’eau  « on estime que sur 200 personnes, une grosse centaine ont logés dans les rues de Bruxelles. Coincé dans son gouvernement  d’un côté par la  « haine V.A. »,  et  d’un autre côté critiqué par un mai 68 maintenant  cinquantenaire, le pouvoir espère reconquérir son assise et   voudrait bien donc se débarrasser de cette acné au visage,  ces points noirs, ces têtes crépues,  qui, aux yeux de certains  citoyens entachent l’image de marque de  certains parvis d’église . Il  voudrait bien mettre un voile sur  ces migrants africains, ou  alors qu’ils lèvent les voiles. En  tout cas  s’en acquitter  par n’importe quel  les moyen.  

Alors qu’autre part, on  parle en positif des  accueils réservés  par  les citoyens belges ,   alors que la nation  officielle  aurait pu s’enorgueillir,  aurait pu les qualifier de points de beauté sur un visage de capitale cosmopolite, non,  par  la porte ou par la fenêtre il veut s’en débarrasser. : visite domiciliaire à la rigueur : visite d’ « homicidaire ». Mais  notre premier ministre  n’en est pas à son premier sinistre. Il  fait appel à « Franken-stein » son bras droit pour   casser ce  soit disant réseau de trafic d’être humain.  Pour remonter un réseau, une   descente musclée  de police est opérée. Dans des habitations, Ils arrêtent des migrants hébergés,   mais aussi les   propriétaires,  suspectés d’être passeurs  puisqu’hébergeurs : des honnêtes citoyens.  Des  journalistes se trouvent  justement parmi les hébergeuses. Intimidation  au poste de police : tout ce qui fait partie d’un vrai  mauvais roman policier.   Procès bref autant que retentissant.  Elles sont acquittées. Il n’empêche, ça fait mal.  Mais l’épine est dans le pied, le vers est dans le fruit.   

A ce moment, les préoccupations environnementales accostent à l’esprit plus que jamais. La prise de conscience sociale humanitaire coïncide  donc avec  les préoccupations concernant la planète : toutes les deux, en fait, relèvent de la survie de l’humain.

Conclusion de ce triste et malsain  combat naval : les torpilleurs gouvernementaux  responsables des excès des chasses à l’homme  sont « coulés : évincés. 

Même période, c’est maintenant l’urgence climatique qui  vient au-devant de la scène. D’autres raisons pour le peuple  de descendre dans la rue. Le gouvernement est à nouveau mis au pied du mur. De nouveau l’urgence. Comme tel, le gouvernement  n’avait plus le choix. Va-t-il choir ?   Sherwood, Guillaume Tell  harcèle.  Le ver  est dans la pomme,  le gouvernement doit faire harakiri ou changer son fusil d’épaule.    Son choix : tenir jusqu’aux élections en  fonctionnant    en affaires courantes : ça signifie en quelque sorte : en courant   sur place.  Pour  les   nouvelles lois comme celles dénommées d’urgence climatique, comment gère-t-on le paradoxe ? Traîne, s’enlise.

A l’opposé, les écoliers  se mettent en mouvement, rajoutent  les manifestations  aux manifestations. Des écoliers organisent les marches pour le climat.  Et pour cela  le jeudi, ils brossent les cours, brossent la planète,  c’est l’école du climat, l’école de l’autonomie, Le vert est sur la  pomme c’est d’ailleurs sa couleur.   Le vert  politique reprend des couleurs, le climat chauffe,  le climat social s’échauffe,  1989 2019. Le peuple avait relevé la guillotine,  le pays doit tenir le coup jusqu’aux élections,  gare à votre cou : la parole tranchante des urnes. La loi climat s’échafaude, concrètement  avec un calendrier. Les calicots ont passé à l’acte : la loi climat s’écrit, même le jeudi de grève, avec un calendrier précis. Passera- t-il au vert ?  Qui tient la culotte dans ce pays ?   

Pendant ces remues ménages d’autonomie, dans notre  maison blanche,  les peaux brunes  ont repris  des couleurs, ils sont en pleine forme, ils prennent aussi leur autonomie. Ils sont mieux aux commandes quotidiennes du concret du  bateau.    

Les week –end,  ils fonctionnaient de plus en plus en autonomie question repas  etc. Puis certains sont devenus plus permanents prenant plus en charge le quotidien de la maison : une sorte de deal ?, un passage naturel ?  Vers plus d’autarcie, Brexit d’un coup ? non,  un break first puis d’autres repas en autarcies, le fonctionnement, l’atmosphère, mais aussi le sens de la maison blanche prenait d’autres couleurs.   Parallèlement, début mars,  la commune prend la décision de donner un visa de prolongation  pour l’occupation de la maison. Le projet Diwan peut continuer.  Youpee.   Dans le fauteuil Diwan, il y aura encore des palabres en anglo-franco- arabe. Sur les oreillers, il continuera à y avoir  encore des petites têtes noires.  Le gaz cuira encore des couscous. Diwan sera encore une  belle étoile bruxelloise.  

La maison aura été avant le colloque migration.  Sur le globe, le maison  Diwan aura créé le pole éducation, puis à l’eau le    navire   « colloque  migration », puis  sera là après le colloque migration.     Comme une famille, pour eux,  on aura préparé les lits le soir,  comme des parents, de leur bouche de nos oisillons migrateurs, on aura entendu les premiers mots en français : c’était, je me souviens :   tout heureux de savoir le dire «  ça va ? , ça va qu’ils répétaient à tour de bras) à l’inverse, j’aurai été nourri par nos locataires trop contents de m’inviter à leur repas et m’expliquer qu’on mange le couscous avec du pain  avec les doigt  dans le même plat tous ensemble,   puis ils auront été en voiture avec des bénévole visiter Bruxelles : pas uniquement visiter l’ Amigo.       

 C’est un peu ça la migration  du bateau bleu qui a accosté à la maison Diwan .

Martin Dupuis  mars  2019     

 

 

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